Le problème de Darwin

Darwin est connu, entre autre, pour la théorie de la sélection naturelle. Mais il lui a manqué toute sa vie une théorie convaincante de l’hérédité. Comme beaucoup à son époque, il croyait que les caractères des parents se mélangeaient dans leur descendance. Le problème, c’est qu’une telle théorie aboutit à une uniformisation de la population après quelques générations, mais sans variation la sélection naturelle ne peut pas agir…

De plus, il existait une controverse quant à la nature des changements évolutifs sous l’action de la sélection. Darwin était un « gradualiste », il pensait que les modifications étaient graduelles, incrémentales. D’autres comme Galton étaient plutôt des « saltationnistes », l’évolution progressant par sauts. A la suite de ses réflexions, Galton a introduit les concepts statistiques de corrélation et de régression: la génétique des populations (ainsi que l’association entre biologie et statistique) commençait à pointer le bout de son nez.

Les deux écoles de pensée se sont combattues pendant tout le début du XXe siècle, surtout avec la redécouverte des lois de Mendel en 1900. Mais petit à petit, il apparu clairement que le darwinisme (la théorie de la sélection naturelle) et le mendélisme (la génétique comme théorie de l’hérédité) étaient intimement liés. Pour s’en rendre compte, il suffit de voir l’équilibre de Hardy-Weinberg. En effet, s’il n’y a aucun force évolutive agissant au sein de la population, la variation ne va pas disparaître: la critique concernant la théorie du mélange ne s’applique pas à l’hérédité mendélienne. La loi de Hardy-Weinberg montre que darwinisme et mendélisme, loin d’être incompatibles, sont quasiment inséparables ! Et comme le dit Ewens dans son fameux livre « Mathematical Population Genetics« :

Il serait difficile d’imaginer un processus héréditaire autre que le schéma quantal mendélien [le gène est l’unité discrète d’hérédité] dans lequel la sélection naturelle pourrait agir avec suffisamment d’efficacité alors que d’un autre côté les différences de valeur sélectives entre génotypes conduiront normalement à des changements des fréquences alléliques et ainsi à l’évolution.

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