About choosing its scientific project

30 juin 2010

Choosing a research topic is a gamble. If too many projects don’t work it can be the end of your career, but picking things that are easy and boring can end your career too. I’m a contrarian. I like to choose problems that no one else works on. I have a formula: when I do a search for a potential research topic, I’ll pursue only those topics that generate fewer than 100 papers.

[…]

I try to manage competition intelligently so that it doesn’t destroy anyone’s career. My lab is open with its data. If we find out that others are on the same course, we either plan a co-submission with them, or, if they are really ahead, we’ll change course. I don’t like working in paranoid secrecy. I’ll call a direct competitor and ask about their work to try to develop these compromises. I don’t think enough people do this. I believe that competition is good, but if a project gets scooped it’s destructive. It can hamper careers and waste taxpayers’ dollars.

Leslie Vosshall, interview in Nature, 30 June 2010

I should try to keep this in mind when thinking about my postdoc project…

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Rupture de paradigme, est-ce fréquent ?

28 juin 2010

Qu’est-ce donc qui fait qu’une question est intéressante ? Comme l’a montré Thomas Kuhn, la communauté scientifique, à un moment donné, s’accorde sur un paradigme, un ensemble de faits et de théories qui impliquent des questions, qui déterminent un programme de recherche. Dans ce cadre, les questions qui peuvent faire progresser le programme de recherches sont jugées intéressantes ; les autres non. Kuhn définit une révolution scientifique comme un changement de paradigme. Celui qui en est à l’origine devient de fait un héros de la science, à aligner dans la liste des Copernic, Newton, Darwin, Einstein…
Certains scientifiques (dont John Maynard Smith) ont fait remarquer que la description de Kuhn, pour pertinente qu’elle soit, a un grave défaut : elle pousse les scientifiques à rejeter les paradigmes et à se poser en révolutionnaires de la Science, même s’ils n’ont pas vraiment de nouveau paradigme à proposer.

Pierre-Henri Gouyon, extrait d’un commentaire

sur La structure de la théorie de l’évolution de S. Gould

Pour les curieux, le texte intégral du commentaire est .

Pour ceux qui l’auront lu, Gouyon parle de la distinction entre sélection et divergence, process et pattern, fonctionnalistes et structuralistes. Et vous, où vous situez vous ?

Ces questions entre comprendre l’adaptation « théorique » et expliquer la biodiversité « observée » me font penser à quelque chose qui me trotte dans la tête depuis quelques mois. Feynman disait « what I cannot create, I do not understand ». Cela voudrait-il dire que pour comprendre la biodiversité il nous faudrait faire de l’ecosystem engineering ? Et pour cela, est-ce pertinent d’envisager la sélection d’écosystèmes comme ici ? En quoi cette vision s’oppose-t-elle à celle du phénotype étendu développée par Dawkins ?


A propos d’une question vieille comme le monde

18 juin 2010

Qu’est-ce que la vie ?

The first molecular biologists, Francis Crick and Jacques Monod, were not wrong when they said that the secret of life had been solved, and the characteristics of organisms explained. The question of life is no longer a mystery. But what remains to be understood is the way these well-defined characteristics have emerged, and been coupled. There has been a dramatic shift in the past fifty years: the question of life is no longer a search for principles of life, but a historical question. The question is no longer “What characteristics are found in organisms but not in inanimate objects?”, but “How were these characteristics progressively associated within objects that we call organisms?”.

This is a dramatic change, because it makes the question of life a scientific question, fully accessible to scientific enquiry. Life is on the way to being “naturalized”. And the most ambitious projects of synthetic biologists, such as those of Craig Venter, will probably be successful in the near future!

Michel Morange, The Resurrection of Life, Orig Life Evol Biosph (2010) 40:179-182

Pour info, Michel Morange définit dans le même article ce qu’il considère être les caractéristiques de la vie: « the capacity to reproduce, the permanent exchange of material and energy with the environment, complex macromolecular structures ».


2 juin 2010

Je regarde le journal d’Arte et quelque chose me fait tiquer. Hofesh Shechter présente sa dernière création, « Political Mother« .

Le journaliste:

Le spectacle met en relief le contraste entre les besoins des individus et ceux de la société.

Hofesh Shechter:

L’objectif d’une structure sociale, c’est de protéger l’individu.

C’est ça que je ne comprends pas bien. Comment peut-on dire qu’une structure sociale a un but ? Ne serait-ce pas plutôt les individus qui la composent qui lui en donnent un ? Et en partant de là, pourquoi le but serait de protéger ? Protéger de quoi, de qui ? Et les espèces qui ne sont pas sociales ? Mouais, je ne suis pas convaincu…

En farfouillant, je suis tombé sur ce billet « Les modèles de la socialité selon Alan Finke ». Aussi sur cet article disponible sur HAL, intitulé « Darwin et la socialité ». Et encore ici ce papier d’un biologiste. De quoi aller un peu plus loin. Après, il ne faut pas hésiter à plonger dans tout ce qui est « évolution de la coopération », histoire de sortir de l’idée préconçue selon laquelle seul l’être humain (et à la rigueur quelques autres espèces primates) a le mérite d’être « social »…


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