Âge de l’esprit

[…] C’est en termes d’obstacles qu’il faut poser le problème de la connaissance scientifique. Et il ne s’agit pas de considérer des obstacles externes, comme la complexité et la fugacité des phénomènes, ni d’incriminer la faiblesse des sens et de l’esprit humain: c’est dans l’acte même de connaître, intimement, qu’apparaissent, par une sorte de nécessité fonctionnelle, des lenteurs et des troubles. […] En fait, on connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans l’esprit même, fait obstacle à la spiritualisation. […] Il est alors impossible de faire d’un seul coup table rase des connaissances usuelles. […] Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés.

Gaston Bachelard, La formation de l’esprit scientifique (1938)

 

Lu dans Un modèle pour comprendre l’apprendre: le modèle allostérique de F. Pellaud, R-E Eastes et A. Giordan.

Plus ici: http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/giordan/LDES/index.html

 

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